Dos d'âne

 

Dos

 

Dos d'âne en question !

 

copié d'un site boulevard voltaire  : (merci Jean Pierre)

Le temps où les routes étaient plates est révolu. Désormais, les traversées de villes et villages sont agrémentées de bosses, monticules et obstacles d’une infinie variété. À quoi ressemblera le prochain ralentisseur ? demande l’automobiliste toujours avide d’imprévus. À l’arrière, les enfants battent des mains. Sera-ce une rigole, un tas de pavés, un dos d’âne, le maire de la commune allongé à même l’asphalte ? Sur le dos de quel âne allons-nous devoir rouler ?

Les communes ne reculent devant aucun sacrifice pour nous voir ralentir… Une imagination ! Un budget ! Des carrés, des ronds, des au milieu, des en travers, des en plastique, en acier, en bois… Les soirs d’hiver au coin du feu, chacun y va de son ralentisseur fait main en prévision des touristes qu’il va falloir secouer copieusement à la belle saison. En ville, aussi. On secoue l’automobiliste de passage. Tous les 25 mètres de préférence. Distance nécessaire pour que les passagers aient le temps de récupérer et se préparer au prochain sursaut dont ils ne connaissent pas l’amplitude car, à l’inverse des courses hippiques, la hauteur des obstacles est variable. Laissée à l’appréciation du bâtisseur… De bonne humeur : 5 cm. De mauvais poil : 30 cm. En dépression : un mur.

La règle du « ça dépend » faisant loi, l’enquête du magazine Auto Plus arrive à point nommé pour dénoncer l’anarchie ralentisseuse des routes de France. Résultat de l’observation effectuée par des spécialistes actuellement en convalescence suite à un tassement de vertèbres : 1/3 des ralentisseurs sont illégaux. Trop hauts, trop raides, non signalés. La foire. Mais comme le rappelle Auto Plus, la législation est précise : pas plus de10 cm et exclusivement dans les zones 30. Que les maires non écrasés qui ont respecté la consigne lèvent le doigt.

Contrôlé, radarisé, verbalisé et maintenant secoué, l’automobiliste est le seul à faire face à une répression intraitable. Tout un chacun peut se défouler et le faire sursauter au gré de sa fantaisie. Lui faire contourner un machin quand la route est droite, le faire bondir lorsqu’elle est plate… Tout est permis. En ces temps de délinquance explosive, se venger sur le premier couillon qui passe est devenu le hobby préféré des auto-irrités. Mieux que la pétanque, l’activité présente l’avantage de se délecter du contribuable en proie à des spasmes auto-programmés. Il bondit, il sursaute, se tasse puis rebondit, c’est un bonheur. Amortisseurs flingués, pot d’échappement raclé, objectif 3 km/h : vitesse d’un véhicule de 900 kg poussé par une famille en bonne santé. Un idéal sécuritaire qui verra enfin des riverains épargnés et des automobilistes traverser villes et villages la peur au ventre, épiant d’éventuels tirs de mortier, guettant un possible pont-levis, des jets d’huile bouillante sur le capot de la BM en feu… Enfin la vraie sécurité !

 

 

Sur 300 ralentisseurs examinés à Paris et en province par le magazine Auto Plus ,

un tiers ne serait pas conforme à la législation.

 Trop haut, trop raide ou pas signalé, le dos d'âne est critiqué. Selon le magazine Auto Plus , un tiers des ralentisseurs en France ne seraient pas conformes à la législation française. Les chiffres sont sans appel. Sur les 300 ralentisseurs passés au crible dans 23 villes de France, 18 % sont considérés comme trop hauts, trop raides ou trop courts, 32 % sont mal ou pas du tout signalés et 22 % sont implantés au mauvais endroit.

Apparu dans les années 90, le ralentisseur est l'un des équipements les plus efficaces pour limiter la vitesse des automobilistes en agglomération. Avec l'essor des zones à 30 kilomètres/heure et des zones de rencontre en 2008, il est devenu un moyen privilégié par les municipalités pour «casser» la vitesse.

«C'est avant tout la vitesse des automobilistes qui doit être mise en cause», réagit le Centre d'étude sur les réseaux, les transports et l'urbanisme (Certu). En effet, bien souvent la limitation à 30 kilomètres/heure n'est pas respectée.

Une législation pourtant stricte

Qu'il s'agisse du dos-d'âne classique ou du ralentisseur trapézoïdale, un plateau surélevé avec un passage pour piétons, les normes sont strictes. Celles-ci sont régies par un décret de 1994 relatif aux caractéristiques et aux conditions de réalisation des ralentisseurs. Ainsi, sa longueur, sa largeur et sa hauteur sont clairement définis. Par exemple, un ralentisseur ne doit pas dépasser onze centimètres de hauteur. Au delà, il y a des risques pour le véhicule et pour la sécurité routière. De même, la signalisation des ralentisseurs et le marquage au sol sont obligatoires et s'ils font défaut, il y a un risque d'accident. Cependant, il n'existe pas de norme pour les coussins et les plateaux. Seules des recommandations émises par le Certu sont prises en compte pour leur mise en place.

 La législation est également très stricte pour les zones d'implantation des ralentisseurs. Ceux-ci ne peuvent être implantés que dans les zones ou les voies limitées à 30 kilomètres/heure. D'un autre côté, ils sont interdits:

 •sur les voies de grande circulation dont le trafic est supérieur à 3000 véhicules par jour

 •à moins de 200 mètres des limites d'une agglomération

 •sur les voies en forte pente, c'est-à-dire dont la déclivité dépasse 4%

 •dans les virages serrés (rayon inférieur à 200 mètres) et à moins de 40 mètres de ceux-ci

 •sur les voies de desserte de transports publics.

 

Les municipalités responsables en cas d'accident

 En cas d'accident, les usagers bénéficient de la «présomption de défaut d'entretien de l'ouvrage». C'est alors à la collectivité locale de prouver le bon entretien de l'ouvrage public ayant causé l'accident. La responsabilité de la commune peut aussi être engagée en cas de dommages causés par un dispositif non conforme.

 Même si aucun dommage n'est survenu, le code pénal prévoit tout de même que les maires puissent être poursuivis pour non-respect des normes ou encore manquement à l'obligation de sécurité et de prudence car il y a en danger de la vie d'autrui.

 

Date de dernière mise à jour : Sam 17 Mai 2014